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Entretien radio France Bleu Cotentin

Retrouvez ci-dessous l’extrait audio, ainsi que sa retranscription, du passage de David Gall sur France Bleu Cotentin interviewé par Mme Lucie Thuillet (Journaliste / Reporter â Radio France).

Pensez à réduire le volume avant de lancer la lecture. Bonne écoute et/ou lecture.

Lucie Thuillet :

“Si je n’avais pas été handicapé, je ne me serais certainement pas engagé dans la vie politique” assure le Donvillais de Quarante ans.
David Gall a été victime d’un accident vasculaire cérébrale en 2006 et depuis il est paralysé du cote gauche.

David Gall :
Je me suis retrouvé en rééducation. Une découverte du monde du handicap.

J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’exclusions, de problèmes d’emploi, de moyens.
Et donc au fur et a mesure, on va vers l’action publique.
J’avais en moi cette envie de permettre aux personnes en situation de handicaps, d’être représentées.
Dans les médias, on ne nous voit pas.
En politique, on ne nous voit pas.
On est trop peu (représenté), pour que les politiques publiques avancent.

Lucie Thuillet :
D’où cet engagement aux municipales à Granville, où il deviendra conseiller délégué au handicaps puis aux municipales de Donville-Les-Bains.
Et maintenant dans l’équipe de l’UDI, Nathalie Goulet, pour les élections régionales de Juin prochain.
Mobilité, transport, emploi, formation, le sujet est transversal. Et la crise sanitaire actuelle, ne fait, selon lui, qu’accentuer les problématiques.

David Gall :
J’écoutes beaucoup de personnes en situation de handicap, et ces personnes là ont l’impression d’être les grandes oubliées de cette crise.
Au niveau emploi, on est toujours à 18 % (de taux) de chômage.
L’accès à l’école est encore compliqué pour beaucoup d’élèves (en situation d’handicap).
La formation pareil.
C’est un sujet dont on a beaucoup parlé. Maintenant, il faut agir.

Lucie Thuillet :
Il reste aussi beaucoup a faire, dit-il, en matière d’accessibilité.
Dans les lieux qui recoivent du public, sur les voiries et dans les transports, notamment dans les trains.

David Gall :

Sur les régions, vous avez la compétence transport, et là vous avez des problématiques à régler : vous avez des quais qui ne sont pas forcément accessible.
Sur l’accès aux trains, il y a encore beaucoup de personnes qui ont du mal.
Et d’ailleurs, au delà du handicap, des personnes âgées, des personnes dites à mobilité réduites : des mères de famille avec des poussettes.
L’ aménagement des territoires , des voieries… On veut mettre en place plein de choses, il ne faut pas oublier l ‘accessibilité.
Mais moi, j’ai l’impression que sur les plans de relance, le handicap on ne le voit pas.
Il est absent des débats.

Donc l’idée c’est : faites confiance aux personnes (handicapées).
Mettez des personnes handicapées sur vos listes. Je ne veux pas être tout seul pour amener le sujet.
Parce que c’est un sujet important, c’est 20 % de la population.

#AgirPourLeHandicap

En 2006 j’ai su que mon destin allait être différent, qu’il me faudrait survivre à un accident vasculaire cérébral et vivre en situation de handicap. Et après des mois de rééducation, j’ai constaté que le handicap était à part, à l’écart.
Malgré la loi de 2005, pour l’égalité des chances et des droits, notre pays reste toujours en retard sur ce problème de considération profonde.
Nelson Mandela disait : « Les handicapés n’ont pas besoin du patronage des non-handicapés. Ce n’est pas à eux de s’adapter au monde dominant et dominateur des soi-disant non-handicapés. C’est à nous d’adapter notre compréhension d’une humanité commune; d’apprendre de la richesse qu’apporte la diversité de la vie humaine; de reconnaître la présence du handicap au milieu de notre monde humain comme un enrichissement de notre diversité. ».
Alors, en 2014, je décidai donc d’agir en me lançant dans le monde impitoyable de la politique. Je décrétais que moi, l’handicapé, je serais désormais un représentant pour mes semblables.
Élu donc en 2014, mon entrée au conseil municipal ne se fera qu’en novembre 2016. Une année qui m’a permis de cerner ma véritable sensibilité politique. En devenant le premier Délégué handicap pour la commune de Granville, je peux désormais agir pour mes semblables.
Puis l’année 2017 apporta son lot de surprises: provoquées par le candidat Macron qui donna sa carte blanche au handicap lors du débat télévisé. Quelques semaines plus tard, le candidat élu nomma une ancienne présidente d’association, Secrétaire d’état aux personnes handicapés.
Beaucoup d’espoir!
Le bilan de cette première reste cependant décevante. Les politiques menées sont mauvaises. Le handicap mérite de vraies actions.
Le taux de chômage pour les travailleurs handicapés est encore de 20%; alors où sont les mesures concrète pour l’emploi ? Le handicap demeure la première cause de discrimination. Ce qui concerne l’emploi doit donc être repensé. Le handicap ne doit plus en être un en entreprise.
Par ailleurs, l’accessibilité reste le grand oublié, 40 ans après… Que de chantiers à poursuivre!
Jean-Louis Borloo propose un plan pour nos quartiers;
Je demande à mon tour de ne pas oublier le handicap: organisons un Grenelle du handicap.
Travaillons ensemble et établissons un plan politique “Aménagement pour tous” :

1 des lieux

2 des services, l’emploi

3 des communications

4 Sensibilisation et formation

Au même titre que l écologie, le handicap est au delà des partis et des clivages et doit nous rassembler.
La France doit devenir un modèle à suivre.